Etape n°1 de la rupture conventionnelle : les entretiens de négociation

Me Thevenin • 10 février 2019

Qui dit rupture conventionnelle dit rupture d’un commun accord du contrat de travail entre le salarié et l’employeur.

Aussi, les modalités de la rupture conventionnelle doivent être négociées au cours d’un ou plusieurs entretiens et ce jusqu’à ce que les parties trouvent un accord.

A défaut, le processus de rupture conventionnelle ne pourra être mené à terme.

L’organisation des entretiens

Au moins un entretien doit être organisé entre le salarié et l’employeur.

Selon le cas de figure, il peut être pertinent d’en organiser plusieurs pour pouvoir parvenir à un accord et/ou pour justifier du consentement libre et éclaire du salarié.

Le premier entretien peut être organisé à l’initiative du salarié ou de l’employeur étant rappelé que chacune des parties peut être à l’origine de la rupture conventionnelle.

Si la loi n’impose aucun formalisme sur les modalités de convocation à cet entretien, il parait préférable de privilégier une convocation écrite et de tenir l’entretien sur le lieu et pendant le temps de travail, en laissant au salarié un temps suffisant pour se renseigner et organiser son assistance.

En l’absence d’entretien, la rupture conventionnelle ne devrait pas être homologuée ou, à défaut, pourrait être annulée par le juge à la demande du salarié.

L’assistance des parties pendant les entretiens

Le salarié peut se faire assister :

. soit par une personne de son choix appartenant au personnel de l’entreprise
. soit, en l’absence de représentant du personnel, par un conseiller inscrit sur la liste préfectorale

Lorsque le salarié décide de se faire assister, il doit en informer l’employeur. Ce dernier peut alors décidé d’être également assisté, ce dont il devra à son tour prévenir le salarié.

L’assistance des parties n’est donc pas obligatoire.

Il convient de préciser que ni le salarié, ni l’employeur ne peuvent être assistés par un avocat pendant les entretiens. Il est donc utile de prendre conseil avant de signer une rupture conventionnelle afin, notamment, de négocier au mieux le montant de l’indemnité de rupture conventionnelle.

La négociation du montant de l’indemnité de rupture conventionnelle

Les entretiens doivent notamment permettre à l’employeur et au salarié de se mettre d’accord sur le montant de l’indemnité de rupture connventionnelle versée au salarié.

A cet égard, il convient de rappeler que l’indemnité ne peut être inférieure au montant de l’indemnité légale de licenciement, ou conventionnelle si elle est plus favorable.

Sous cette réserve le montant de l’indemnité est fixé librement, d’où l’intérêt d’être bien conseillé pour obtenir l’indemnisation la plus favorable possible.

La négociation sur la date de la rupture

Les entretiens sont également l’occasion de convenir de la date de rupture du contrat de travail.

La date de rupture peut être fixée librement entre les parties sous réserves de respecter le délai d’homologation par le DIRECCTE ou le délai d’autorisation par l’inspecteur du travail.

De façon plus générale, les entretiens sont également l’occasion de se mettre d’accord sur les conditions entourant le départ (éventuelle dispense d’activité, prise des congés payés, passation des dossiers…).

 

Une fois que l’employeur et le salarié se sont mis d’accord sur les modalités de la rupture conventionnelle, il est possible de passer à la deuxième étape : la signature de la convention de rupture conventionnelle.

 

Contactez Aurélie Thevenin, avocat du droit de travail à Paris, pour vous accompagner dans vos négociations.

Articles recents

Le harcèlement sexuel d’ambiance reconnu par la Cour de cassation
par Me Thevenin • 15 juin 2026
Par un arrêt en date du 28 mai 2026, la Cour de cassation retient la notion de « harcèlement sexuel d’ambiance », en reconnaissant que la seule exposition…
Accident du travail en télétravail : quelle qualification ?
par Me Thevenin • 9 juin 2026
Par un arrêt récent, la Cour d’appel d’Amiens confirme qu’un accident survenu au domicile d’un salarié en télétravail peut être qualifié d’accident du…
Licenciement d’une salariée enceinte pendant la période d’essai alors que l’employeur avait connaissance de la grossesse : à
par Me Thevenin • 10 avril 2026
La période d’essai constitue une phase particulièrement précaire pour le salarié, car le régime protecteur applicable au licenciement ne s’y applique pas.
La période de suspension du contrat à la suite d’un accident de trajet doit-elle être prise en compte dans le calcul de l’anc
par Me Thevenin • 7 avril 2026
L’indemnité légale de licenciement est calculée en fonction de l’ancienneté du salarié dans l’entreprise.
Un employeur ne peut justifier son licenciement par des éléments obtenus en violation du secret médical
par Me Thevenin • 2 avril 2026
Le salarié bénéficie d’un droit au respect de sa vie privée, y compris au temps et au lieu de travail.
Licenciement économique et obligation de reclassement : deux sociétés détenues par une même personne physique constituent-ell
par Me Thevenin • 12 mars 2026
L’employeur ne peut recourir à un licenciement économique que s’il justifie avoir respecté l’ensemble des obligations prévues à l’article L.1233-4 du Code…
Convocation à l’entretien préalable : la signature du salarié de la décharge attestant de la remise de la convocation n’est p
par Me Thevenin • 1 mars 2026
Au déclenchement de la procédure de licenciement, l’employeur est tenu de remettre au salarié concerné une convocation à l’entretien préalable.
Un employeur ne peut pas refuser une mesure de télétravail recommandée par le médecin du travail au motif que le salarié lui
par Me Thevenin • 22 janvier 2026
L’employeur ne peut refuser un télétravail recommandé par le médecin du travail au motif que le salarié lui refuse l’accès à son domicile.
Relation entre un salarié et une ex-salariée en conflit avec l’employeur
par Me Thevenin • 21 janvier 2026
La dissimulation d’une relation entre un salarié et une ex-salariée en conflit avec l’employeur actuel ne saurait caractériser un conflit d’interêt et…
L'employeur doit respecter les préconisations formulées par le médecin du travail dans un avis d'inaptitude, même en cas d’af
par Me Thevenin • 21 septembre 2025
A la suite de préconisations du médecin du travail sur le poste d’un salarié, l’employeur doit aménager ce poste et l’adapter aux préconisations du…