14 juillet et 15 août : comment prendre en compte un jour férié qui tombe durant les congés payés ?

Me Thevenin • 10 juillet 2018

Il n’est pas rare qu’au cours des 5 semaines légales de congés payés (ou plus en fonction des dispositions de la convention collective applicable), un jour férié vienne se glisser dans les 6 jours ouvrables posés habituellement pour chaque semaine de repos. Qu’en est-il alors :  faut-il décompter ce jour ou non ?

Il convient avant tout pour répondre à cette question de vérifier si le jour férié est habituellement travaillé au sein de l’entreprise ou non. En effet, s’il est habituellement travaillé, le fait qu’un jour férié coïncide avec les congés payés d’un salarié est sans effet particulier. Il en va autrement lorsque ce jour férié est en temps normal un jour chômé au sein de la structure employant celui-ci, laissant alors place à une nouvelle distinction entre les jours ouvrables et les jours ouvrés: les jours ouvrables étant les jours pouvant être légalement travaillés (généralement du lundi au samedi), alors que les jours ouvrés constituent les jours durant lesquels l’entreprise est effectivement en activité.

Décompte en jours ouvrables

Si un jour férié habituellement chômé tombe un jour ouvrable (même non travaillé comme généralement le samedi pour les entreprises, ou le lundi dans le commerce), il a alors une incidence sur le décompte des congés. En effet, celui-ci n’est alors pas comptabilisé dans le nombre de jours à poser pour le salarié.

A l’inverse, lorsque le jour férié (habituellement non travaillé) tombe en dehors d’un jour ouvrable, il n’a alors aucune incidence dans le décompte des jours à poser par le salarié, sauf bien entendu en cas de dispositions contraires plus favorables prévues par la convention collective applicable au secteur d’activité.

Décompte en jours ouvrés

Le jour férié ouvré n’a d’influence sur le décompte des congés que s’il est habituellement chômé et qu’il tombe un jour ouvré (généralement du lundi au vendredi). En pareil cas, le jour férié ne doit alors pas être comptabilisé dans les jours à poser.

En revanche, si ce même jour férié habituellement chômé tombe sur une journée non ouvrée, il n’a dans ce cas pas d’influence particulière sur le décompte des jours de congés, sauf ici encore dans le cas de dispositions contraires plus favorables pour le salarié.

Un cas particulier est toutefois à noter dans le cas où le jour férié tombe un jour ouvrable non travaillé de manière habituelle : le salarié bénéficie alors en pareil cas d’un jour de congé supplémentaire, à moins que le contrat de travail ou la convention collective n’accordent un solde annuel supérieur à 25 jours de congés ouvrés, auquel cas celui-ci serait également le cas échéant sans influence.

Pour résumer, le jour férié n’a d’influence sur le décompte des congés payés annuels du salarié que lorsqu’il tombe sur un jour autre qu’un jour de repos habituel pour la société (repose hebdomadaire, traditionnellement le dimanche). En cas contraire, le jour férié ne peut avoir d’incidence sur ce décompte.

Concrètement, lorsque le jour férié est décompté, le salarié bénéficie soit d’une rallonge d’une journée de congés supplémentaire, soit d’un crédit correspondant à une journée à poser ultérieurement.

Articles recents

Le harcèlement sexuel d’ambiance reconnu par la Cour de cassation
par Me Thevenin • 15 juin 2026
Par un arrêt en date du 28 mai 2026, la Cour de cassation retient la notion de « harcèlement sexuel d’ambiance », en reconnaissant que la seule exposition…
Accident du travail en télétravail : quelle qualification ?
par Me Thevenin • 9 juin 2026
Par un arrêt récent, la Cour d’appel d’Amiens confirme qu’un accident survenu au domicile d’un salarié en télétravail peut être qualifié d’accident du…
Licenciement d’une salariée enceinte pendant la période d’essai alors que l’employeur avait connaissance de la grossesse : à
par Me Thevenin • 10 avril 2026
La période d’essai constitue une phase particulièrement précaire pour le salarié, car le régime protecteur applicable au licenciement ne s’y applique pas.
La période de suspension du contrat à la suite d’un accident de trajet doit-elle être prise en compte dans le calcul de l’anc
par Me Thevenin • 7 avril 2026
L’indemnité légale de licenciement est calculée en fonction de l’ancienneté du salarié dans l’entreprise.
Un employeur ne peut justifier son licenciement par des éléments obtenus en violation du secret médical
par Me Thevenin • 2 avril 2026
Le salarié bénéficie d’un droit au respect de sa vie privée, y compris au temps et au lieu de travail.
Licenciement économique et obligation de reclassement : deux sociétés détenues par une même personne physique constituent-ell
par Me Thevenin • 12 mars 2026
L’employeur ne peut recourir à un licenciement économique que s’il justifie avoir respecté l’ensemble des obligations prévues à l’article L.1233-4 du Code…
Convocation à l’entretien préalable : la signature du salarié de la décharge attestant de la remise de la convocation n’est p
par Me Thevenin • 1 mars 2026
Au déclenchement de la procédure de licenciement, l’employeur est tenu de remettre au salarié concerné une convocation à l’entretien préalable.
Un employeur ne peut pas refuser une mesure de télétravail recommandée par le médecin du travail au motif que le salarié lui
par Me Thevenin • 22 janvier 2026
L’employeur ne peut refuser un télétravail recommandé par le médecin du travail au motif que le salarié lui refuse l’accès à son domicile.
Relation entre un salarié et une ex-salariée en conflit avec l’employeur
par Me Thevenin • 21 janvier 2026
La dissimulation d’une relation entre un salarié et une ex-salariée en conflit avec l’employeur actuel ne saurait caractériser un conflit d’interêt et…
L'employeur doit respecter les préconisations formulées par le médecin du travail dans un avis d'inaptitude, même en cas d’af
par Me Thevenin • 21 septembre 2025
A la suite de préconisations du médecin du travail sur le poste d’un salarié, l’employeur doit aménager ce poste et l’adapter aux préconisations du…