Coronavirus : ouverture du droit aux allocations chômage pour certains démissionnaires

Thomas Sonnenschein • 15 avril 2020

Depuis le début de la crise sanitaire, deux tendances ont été observées :

  • l’annulation des promesses d’embauche
  • la rupture précoce des contrats de travail (moins de 65 jours de travail)

Or, jusqu’alors, lorsque le salarié concerné par l’une de ces situations était démissionnaire de son précédent emploi, il ne pouvait pas bénéficier d’une prise en charge par Pôle Emploi.

Ces salariés se retrouvaient par conséquent sans ressources du jour au lendemain, au surplus dans un contexte de crise sanitaire rendant particulièrement difficiles les recherches d’emploi.

Pour pallier ces situations, le décret du 14 avril 2020 portant mesures d’urgence en matière de revenus de remplacement prévoit en son article 9 :

« I. – Sont assimilés à des salariés involontairement privés d’emploi au sens de l’ article L. 5422-1 du code du travail  les salariés dont la cessation du contrat de travail résulte de la rupture volontaire d’un contrat de travail avant le 17 mars 2020 en vue de reprendre une activité salariée à durée indéterminée ou une activité à durée déterminée d’une durée initiale d’au moins 3 mois ou 455 heures, dès lors que cette reprise d’activité :
1° Soit s’est concrétisée par une embauche effective à laquelle l’employeur met fin avant l’expiration d’un délai de 65 jours travaillés à compter du 1er mars 2020 ;
2° Soit n’a pu se concrétiser par une embauche effective, alors que celle-ci devait initialement intervenir à compter du 1er mars 2020. Dans ce cas, la personne concernée produit une promesse d’embauche, un contrat de travail ou, à défaut, une déclaration de l’employeur attestant qu’il a renoncé à cette embauche ou l’a reportée.
II. – Les dispositions du I sont applicables aux décisions de prise en charge intervenant à compter de la date d’entrée en vigueur du présent décret et jusqu’à une date fixée par arrêté du ministre chargé de l’emploi, et au plus tard jusqu’au 31 juillet 2020. »

Ainsi :

  • si vous avez démissionné de votre précédent emploi avant le 17 mars 2020
  • pour occuper un nouvel emploi en CDI ou en CDD d’au moins 3 mois

Vous bénéficierez d’une prise en charge par Pôle Emploi :

  • si votre embauche qui devait intervenir à compter du 1er mars 2020 n’a pas pu se concrétiser
  • ou si votre employeur a mi fin à votre contrat avant l’expiration d’un délai de 65 jours de travail à compter du 1er mars 2020

Articles recents

Le harcèlement sexuel d’ambiance reconnu par la Cour de cassation
par Thomas Sonnenschein • 15 juin 2026
Par un arrêt en date du 28 mai 2026, la Cour de cassation retient la notion de « harcèlement sexuel d’ambiance », en reconnaissant que la seule exposition…
Accident du travail en télétravail : quelle qualification ?
par Thomas Sonnenschein • 9 juin 2026
Par un arrêt récent, la Cour d’appel d’Amiens confirme qu’un accident survenu au domicile d’un salarié en télétravail peut être qualifié d’accident du…
Licenciement d’une salariée enceinte pendant la période d’essai alors que l’employeur avait connaissance de la grossesse : à
par Thomas Sonnenschein • 10 avril 2026
La période d’essai constitue une phase particulièrement précaire pour le salarié, car le régime protecteur applicable au licenciement ne s’y applique pas.
La période de suspension du contrat à la suite d’un accident de trajet doit-elle être prise en compte dans le calcul de l’anc
par Thomas Sonnenschein • 7 avril 2026
L’indemnité légale de licenciement est calculée en fonction de l’ancienneté du salarié dans l’entreprise.
Un employeur ne peut justifier son licenciement par des éléments obtenus en violation du secret médical
par Thomas Sonnenschein • 2 avril 2026
Le salarié bénéficie d’un droit au respect de sa vie privée, y compris au temps et au lieu de travail.
Licenciement économique et obligation de reclassement : deux sociétés détenues par une même personne physique constituent-ell
par Thomas Sonnenschein • 12 mars 2026
L’employeur ne peut recourir à un licenciement économique que s’il justifie avoir respecté l’ensemble des obligations prévues à l’article L.1233-4 du Code…
Convocation à l’entretien préalable : la signature du salarié de la décharge attestant de la remise de la convocation n’est p
par Thomas Sonnenschein • 1 mars 2026
Au déclenchement de la procédure de licenciement, l’employeur est tenu de remettre au salarié concerné une convocation à l’entretien préalable.
Un employeur ne peut pas refuser une mesure de télétravail recommandée par le médecin du travail au motif que le salarié lui
par Thomas Sonnenschein • 22 janvier 2026
L’employeur ne peut refuser un télétravail recommandé par le médecin du travail au motif que le salarié lui refuse l’accès à son domicile.
Relation entre un salarié et une ex-salariée en conflit avec l’employeur
par Thomas Sonnenschein • 21 janvier 2026
La dissimulation d’une relation entre un salarié et une ex-salariée en conflit avec l’employeur actuel ne saurait caractériser un conflit d’interêt et…
L'employeur doit respecter les préconisations formulées par le médecin du travail dans un avis d'inaptitude, même en cas d’af
par Thomas Sonnenschein • 21 septembre 2025
A la suite de préconisations du médecin du travail sur le poste d’un salarié, l’employeur doit aménager ce poste et l’adapter aux préconisations du…